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Des Arts au Voyage… La promesse japonaise Théâtre Nô

Un temps poétique

 

« Oubliez le théâtre et regardez le Nô ; oubliez le Nô et regardez lʼacteur ; oubliez lʼacteur et regardez lʼidée ; oubliez lʼidée et vous comprenez le Nô. »

ZEAMI

 

 

Spectacle complet, les majestueuses pièces du nô sʼapparentent à un long poème chanté. Expression esthétique et allusive dʼune des formes du théâtre classique japonais, le nô, fortement influencé par le zen, associe la danse au chant, le mime à la poésie, la musique à la littérature. Drame au pouvoir incantatoire et à la magie souveraine, le nô, semble avoir été créé pour apaiser le cœur des hommes. Venant de la chambre au miroir où ils se préparent, les acteurs, exclusivement des hommes, entrent en scène toujours par la gauche du plateau. Ils traversent, comme dans un rituel, un pont, cheminement symbolique dʼun passage dʼun monde à lʼautre, de lʼau-delà vers le temporel. Accompagnés dʼun chœur et de musiciens, les protagonistes, entre danses et symboles, chants et dialogues, invitent le public à assister à une représentation inchangée depuis ses origines, il y a plus de six cents ans. Un rêve éveillé qui défie le temps.

Issu de rituels sacrés et de fêtes ancestrales, le nô, codifié par ZEAMI à la fin du XIVème siècle est interprété par le shite, celui qui fait, lʼesprit agissant, le personnage principal, toujours masqué et arborant de somptueux costumes. Et par le waki, celui de côté, intermédiaire poétique, sorte de medium qui lui ne porte pas de masque. Le répertoire se divise en cinq catégories : les pièces votives avec des apparitions de divinités, les pièces de guerriers, les pièces de femmes, les pièces du monde réel et les pièces de démons ou divinités impétueuses. Elles sont entrecoupées dʼintermèdes comiques connus sous le nom de Kyogen.
 

 

Tokyo

Ginza Six

au carrefour des songes

 

« Les Nô constituent lʼun des deux ou trois triomphes du théâtre universel. »

Marguerite YOURCENAR

 

 

Dans la capitale qui ne dort jamais, au cœur de Ginza, quartier cosmopolite de Tokyo, scène du luxe et de lʼélégance, un spectacle urbain avec les plus grands acteurs de lʼarchitecture contemporaine réinvente la célèbre avenue. Ici, il nʼy a pas de relâche. Les représentations y sont permanentes, à lʼimage de lʼimmeuble de verre de la maison Hermès griffé Renzo PIANO, de lʼédifice de la maison Mikimoto signé ITO Toyo, de la boutique Chanel en « tweed dʼaluminium », taillée par Peter MARINO, de Shiseido et de son flamboyant immeuble rouge conçu par Ricardo BOFILL. Ainsi, les boutiques haut de gamme et les plus grandes enseignes de la mode sʼaffichent dans des architectures des plus spectaculaires.

Au sein du nouveau centre commercial Ginza Six de lʼarchitecte TANIGUCHI Yoshio, un théâtre, conservatoire de la tradition du nô, voisine avec de grandes maisons de luxe. Là, cʼest la famille KANZE, représentante de la lignée la plus célèbre de nô qui a pris place. Au troisième sous-sol de ce building prestigieux, qui a ouvert ses portes au printemps 2017, se trouve une salle de théâtre flambant neuve. En précieux bois de cyprès japonais de la vallée de Kiso, patiné par les lents mouvements de pas des acteurs, la scène carrée, construite il y a quarante ans, marquée par quatre piliers, a été déplacée du quartier de Shibuya où la troupe de l'école KANZE était installée. Dirigée par KANZE Kiyokazu, figure centrale du nô contemporain et 26ème iemoto, artiste-maître descendant de la dynastie de ZEAMI, ce nouvel emplacement enrichi dʼinstallation de surtitres multilingues devrait attirer un nouveau public et surtout montrer que le nô est plus vivant que jamais.

 

 

Infos pratiques
Ginza SixKanze Noh Theater
6-10-1 Ginza, Chuo-ku, Tokyo (étage -3 de Ginza Six)
Métro Ginza

 

 

Sado

L’île aux trésors

 

 

Au large de Niigata, sur la mer du Japon, lʼîle de Sado préserve un patrimoine culturel aux singuliers attraits. Sa richesse ne réside pas seulement dans ses anciennes mines dʼor. Les nombreuses fêtes et festivals réjouissent les passionnés du spectacle vivant et attirent, chaque année, plus dʼun million de touristes.
Les représentations de nô demeurent aujourdʼhui à Sado un grand rendez-vous populaire. Aux beaux jours, les amateurs, toutes générations confondues, se retrouvent pour jouer en plein air les illustres pièces du répertoire. Mais pourquoi lʼesprit du nô, a-t-il trouvé à Sado une place de prédilection ? Lʼîle a longtemps été une terre dʼexil pour les artistes, les intellectuels, les aristocrates et les samouraïs défaits, au point que certains qualifièrent Sado de petit Kyoto. Parmi eux, une figure emblématique celle de ZEAMI. Lʼhomme fut contraint par des intrigues fomentées à la cour shogunale de partir à plus de soixante-dix ans en cette terre dʼoubli. Le génie du maître habite toujours les lieux pour le bonheur des publics venus de tout le Japon et aussi de lʼétranger.

 

Les célèbres tambours de feu Kodo ont eux aussi fait la réputation de Sado. Cette formation des plus frappantes a contribué à cette reconnaissance au-delà des frontières. Au début des années 1970, quelques amis décident de sʼinstaller loin des agitations urbaines pour constituer une communauté de percussionnistes. Les exécutants se plient à une stricte règle de vie pour battre avec puissance les taiko ou tambours. La spectaculaire pulsation dynamique révèle depuis lʼesprit de lʼîle. Les instrumentistes convient, chaque été, à leur festival de la Terre, dʼautres artistes pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Sans oublier une autre pépite, le bunya ningyo, théâtre de marionnettes qui perdure à Sado. Un bandeau de tissu tendu, un air de shamisen et voilà un récit épique qui donne vie à des poupées comme par magie.

Lʼîle a incontestablement beaucoup à offrir aux visiteurs. Les amoureux de la nature le savent. Ses plages, ses sites naturels, sa savoureuse cuisine (poisson cru, crabe, huître ou ormeau, saké sec et puissant) réjouissent vacanciers, randonneurs et gourmands.

 

« Chaque geste, chaque intonation est réglée par le rituel le plus étroit. Cʼest une espèce de représentation cérémoniale des émotions des humaines. Cʼest aussi une discipline pour lʼattention et une école de mouvement dont chacun nous est donné au ralenti pour développer tout son sens. »

Paul CLAUDEL

 

Infos pratiques
Sado
Gare de Tokyo > (3h par la ligne Joetsu Shinkansen) > Gare de Niigata > Port de Niigata > (2h30 en ferry) > Port de Ryotsu

 

 

Zeami (1363-1443)

 

Théoricien du nô, dramaturge prolifique et acteur, fils de Kanʼami, prêtre shinto et fameux directeur de troupe dans la région de Nara, ancienne capitale impériale, ZEAMI codifia les grands principes de cette tradition scénique. Une cinquantaine de pièces lui sont attribuées. Il laissa par écrit des enseignements stylistiques et pratiques précieux pour les acteurs afin de les mener au sommet de leur art. Ses traités, oubliés jusquʼau début du XXème siècle, délivrent une transmission sécrète afin de toucher lʼâme du public.

 

 

Le Kyogen

 

 

Littéralement « paroles folles », le kyogen est une forme théâtrale comique, associée au nô. Une bouffonnerie, une sorte de farce, une ponctuation qui permet au public de se soustraire de la tension tragique du nô.
Exclusivement jouées par des hommes, ces saynètes, souvent des satires sociales, par leur manifestation burlesque dédramatisent les pièces de nô. Tout est bon pour se gausser. Dialogues et gestuelle nécessitent pour les interprètes dʼexceller dans la rapidité du jeu. Rien nʼest improvisé, tout est codifié.

 

 

Lectures recommandées

 

« Paul CLAUDEL, le nô et la synthèse des arts » de Ayako NISHINO , éditions Classiques Garnier.
Une incroyable exploration des relations passionnées entre le diplomate et poète français en poste au Japon de 1921 à 1927 et cette haute expression du théâtre classique. Cet essai scrute lʼesthétique japonaise et son interprétation claudélienne. Une thèse lumineuse et colossale pour embrasser pleinement ce drame onirique.

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